La colère des minuscules

La colère des Minuscules

Avec Jessica Buresi et Fleur Sulmont
Avec la complicité de Clovis Guerrin

Le vendredi 27 janvier à 20.00 et le samedi 28 janvier à 20.00

Créé au printemps dernier pour l’Annexe du Train de Vie, La Colère des Minuscules est un projet mutant.
Son squelette se compose d’extraits des Notices de la vie ordinaire d’Éric Therer, des portraits lacunaires et mystérieux d’individus à la marge qui résistent pour protéger leur intégrité face au chaos qui les entoure.
En écho Jessica Buresi et Fleur Sulmont proposent, au grès de leurs nécessités intimes, des chansons colériques, mélancoliques ou comiques.
Face au découragement, elles opposent une colère calme et solide, des vibrations joyeuses qui mettent en valeur la force cachée de la fragilité.

 

Ce projet a jailli d’une nécessité.
En 2013, Jessica Buresi et Fleur Sulmont se rencontrent, de façon fulgurante et évidente. De l’ordre d’un coup de foudre amical, né d’une correspondance de vision du monde et d’une compréhension réciproque et tacite.
De cette rencontre naissent de nombreuses discussions, de nombreux projets issus de leurs désirs de jouer et de mettre en scène, de leur insatiable besoin de consolation et de leurs colères partagées.

Puis, en 2016, Jessica tombe sur un livre dans une maison de disques à Bruxelles, de la catégorie des livres qui brûlent les yeux quand on les ouvre à cause de l’intensité des images qui en surgissent. Un livre qui pourrait donner corps à leurs préoccupations communes et quotidiennes.
Ce livre s’appelle Notices de la vie ordinaire , d’Éric Therer. Celui-ci a recueilli des comptes-rendus cliniques de la Vierge Noire, l’autre nom de la Direction Générale des Personnes Handicapées à Bruxelles. Cette structure a pour mission, entre autres, d’organiser des expertises médicales pour déterminer la nature et l’ampleur du handicap des personnes. Éric Therer a pioché des extraits de ces expertises, des échantillons donc de la vie de ces individus.

Se dressent alors des portraits lacunaires et mystérieux de quelques lignes seulement, formulés dans l’urgence de l’expertise, avec des expressions propres au jargon médico-social, belge de surcroît. Grâce à leur forme, elliptique et parfois maladroite, ces portraits nous emmènent déjà dans un ailleurs poétique. Nous nous heurtons parfois à des formulations techniques et donc brutales qui résument sommairement les problématiques de vies entières. À l’opposé, l’étrangeté ou le caractère limpide des réponses des individus interrogés nous touche et nous transporte.

Nous ressentons une familiarité et une réelle empathie avec eux. Sans connaître ces personnes nous reconnaissons leur lutte, leur regard et leur fragilité précieuse face à un monde normé et hostile, leur colère muette, leur acharnement à protéger leur intégrité et la modestie de leur résistance devant le chaos qui les entoure.

Nous appelons notre spectacle « La colère des minuscules ».
Ce spectacle est évolutif, mutant. Son squelette demeure les chroniques ordinaires d’Éric Therer, mais nous y ajoutons nos urgences intimes du moment. En écho à la poésie lacunaire des textes, nous proposons des extraits d’auteurs tels que Walser, Cortazar ou Unica Zürn. Nous ajoutons des chansons colériques, mélancoliques ou comiques qui rythment l’écoute des textes.
« La Colère des Minuscules » devient un tour de chant modulable.

Nous avons choisi de ne pas aller dans la direction de la tristesse ou de l’angoisse que ces textes pourraient évoquer. Nous lui préférons notre colère calme et solide, notre croyance légitime en la nécessité de protéger l’intégrité de chacun. Nous choisissons de mettre en relief les vibrations joyeuses et la force cachée de la fragilité.

Jessica Buresi et Fleur Sulmont


Biographie de Jessica Buresi

Biographie de Fleur Sulmont

Biographie de Clovis Guerrin


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